Kriegsheim | HISTOIRE
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HISTOIRE

L’origine du village et du nom

 

 

De par sa situation à côté de Brocomagus, ancienne capitale des Triboques, au temps des Celtes, le territoire de Kriegsheim fut défriché très tôt. Un éventail de routes partait de brumath, dont la voie celto-romaine en direction de Seltz qui passait entre Kriegsheim et Weitbruch au lieu-dit Neben der Roemerstrasse. Plus tard, une voie dénommée Herrenstrasse, en direction de Niederbronn, passait à l’ouest du village.

Le site de Kriegsheim est occupé avec certitude depuis au moins l’époque mérovingienne (Ve – VIIIe siècles) comme en attestent des sépultures franques découvertes au lieu-dit Seeweilerthal, selon Xavier Nessel et Robert Forrer.

Le village est évoqué pour la première fois en 823 dans un contrat d’échange rédigé à Francfort entre le comte Erchanger de Nordgau (père de sainte Richarde qui a fondé Andlau) et Bernold, l’évêque de Strasbourg. Dans ce contrat ratifié par l’empereur Louis le Pieux, le fils de Charlemagne, le village est mentionné sous la dénomination de Creacheshaim. Cette appellation est peut-être dérivée du nom du fondateur de la localité, c’est-à-dire un certain Creaches qui aurait donné « hein de Creaches ».

Le nom Creacheshaim peut également provenir du mot Creek qui peut se traduire par « trou d’eau » ou « étang » car le village était autrefois situé dans la partie basse de la commune.

L’orthographe du nom a par la suite souvent varié : alors que l’on parlait dans les documents officiels de Creacheshaim en 823, on parlait de Creuhesheim en 828, de Criechesheim en 1163 ou encore de Cregsheim en 1187.

L’orthographe « Kriegsheim » apparaît pour la première fois en 1207, même si l’on parle encore par la suite de Kriegszheim en 1225, de Criegesheim en 1358, de Kriegelsheim en 1440, de Griegsheim sur le plan de finage de 1760 ou encore de Griecksheim sur la carte de Cassini de 1768-1770, avant que la dénomination actuelle ne s’impose définitivement. En dialecte, le village se dit Krejse depuis le XIXe siècle.

Les armoiries de KRIESGHEIM

 

 

L’ouvrage sur Les Armoiries des communes du Bas-Rhin publié en 1955, comprenant celles de Kriegsheim, mentionne : « D’azur au poisson d’or posé en bande sur un livre fermé du même » en précisant que « La présentation compliquée de saint Ulrich, patron de la commune, est remplacée par son symbole aux mêmes émaux ».

Saint Ulrich était représenté tenant à la main la Bible avec un poisson. C’est une allusion au fait suivant : il soupait un jeudi soir avec ses amis dont Conrad, évêque de Constance, en leur parlant avec passion et flamme de la destinée de l’homme, de l’éternité. Il les abreuvait et nourrissait des saintes écritures. Le lendemain, à l’aube, un messager du duc les trouva assis devant une table servie en gras. Ulrich offrit le plat non entamé au coursier pour le remercier de sa peine. Or celui-ci, méchant homme, courut raconter ce qu’il avait vu, avec la potiche pour preuve. Mais, par une permission divine, lorsque le couvercle fut levé, l’on trouva un poisson.

 

Les premiers propriétaires du village

 

 

Comme dans tous les villages, le ban communal de Kriegsheim appartenait essentiellement à des propriétaires extérieurs qui échangaient leurs biens ou les transmettaient par héritage.

En 823, lors de la première mention du village avec l’orthographe Craecheshaim, l’évêque de Strasbourg Bernold, et le comte Erchanger sont cités comme propriétaires. En 828, un acte ratifié par les empereurs Louis et Lothaire mentionne que le Comte Erchanger cède à l’abbaye de Schwarzach (Rheinmünster près de Baden-Baden) des terres situées dans plusieurs villages dont Creuchesheim que Grandidier identifie à Kriegsheim.

Puis en 953, par un acte établi par l’empereur Otton Ier le Grand, l’abbaye de Lorsch, dans la Hesse, reçoit des biens dans la commune. Un état des biens que l’abbaye de Lorsch a dressé entre 1088 et 1102 pour ses possessions à Brumath et environs stipule que Crigesheim (Kriegsheim) devra s’acquitter de 200 Summer ou boisseaux (40hl) de céréales indéterminées, à la Saint-Martin de chaque année.

Le 10 février 1207, l’empereur Philippe de Souabe, de passage à Strasbourg, entérine les droits de l’hôpital de Haguenau sur des propriétés à Kriegsheim.

 

KRIEGSHEIM, village IMPÉRIAL , 1236 à 1648

 

 

Après l’avènement des Habsbourg à la tête du Saint Empire romain germanique, Kriegsheim comme tous les 45 villages du grand bailliage de Haguenau (Landvogtei), également nommé prévôté impériale de Haguenau, portèrent le nom de village Impérial (Reichsdörfer).

Les « impériaux » devaient prêter serment de fidélité à chaque nouveau bailli, et ceci au couvent de Neubourg dans la Forêt Sacrée. Le village fera partie de la prévôté de Batzendorf (Schultheissenamt) qui regroupait huit villages de ce grand bailliage et disposait d’un tribunal local. Son président dirigeait le tribunal local, veillait au maintien de la sécurité et au respect des mœurs. Il fixait les impôts et répartissait les charges.

Au-dessus de cette magistrature siégeait le tribunal impérial de Haguenau qui jugeait les affaires de crimes, coups et blessures, de différends à l’occasion d’achats, hypothèques, reconnaissances de dettes. En outre, il faisait fonction de cour d’appel en cas de contestation des jugements prononcés par le tribunal de Batzendorf.

A cette époque, Kriegsheim élisait un Heimbürger ou un bourgmestre chargé de gérer les comptes de la commune, du budget, des recettes et dépenses, de l’encaissement des impôts qui se payaient en espèces mais aussi en nature comme : l’avoine, la paille, des poulets au mardi gras et, annuellement, un agneau à Pâques. D’autres obligations étaient imposées au village, telles que la corvée et la Atz,   c’est- à –dire la prise en pension complète des agents impériaux lors de leurs passage dans le village.

De par sa situation sur la route impériale reliant Strasbourg à Haguenau, notre village fut honoré par le passage de plusieurs souverains tels que l’empereur Maximilien en 1507 et le roi de France Henri II en 1552.

Durant la guerre de Trente Ans, Kriegsheim connut la désolation et des violences surtout à partir de 1621 quand Haguenau avec les environs tombèrent aux mains du comte Ernst von Mansfeld. La situation empira encore quand Haguenau fut conquis par les suédois commandés par le général Horn. Ces derniers multiplièrent les massacres dans les villages catholiques. Le roi de Suède, Gustave Adolphe, était entré en guerre contre les Habsbourg afin de protéger les protestants.

En 1633, les impériaux de général Adolf von Salm reprirent Haguenau et les villages environnants, et le calme revint.

KRIEGSHEIM, village ROYAL , 1648 à 1792

 

 

A la fin de la guerre de Trente Ans, par le traité de Westphali de 1648, Kriegsheim fut rattaché à la France en même temps que tous les autres villages du bailliage et devint alors un « village  royal ». Ce qui explique la présence de la fleur de lys sur une borne Sculptée datée de 1766, découverte à l’intersection des trois bans de Brumath, de Weitbruch et de Kriegsheim, à l’est du Wachholderberg. L’administration resta du ressort du tribunal local de Batzendorf et de la cour suprême de Haguenau.

A cette époque, l’institution de Walbourg avec 30 hectares, le couvent de Surbourg et un certain Hans Truttmann se partageaint la plus grande partie des propriétés. La ferme locale Meyerhof qui appartenait à l’institution de Walbourg était donnée en bail à un fermier du village. La grange de la dîme, à droite dans cette cour, date de cette époque.

 

Les années de la révolution

 

 

Dès le début de la révolution, la famille Truttmann considérée comme aristocratique a été obligée de quitter le village. Ses biens furent confisqués ainsi que ceux appartenant à la noblesse de l’Eglise et furent acquis par des paysans déjà propriétaires désireux d’agrandir leurs terres.

En 1790, Kriegsheim fut rattaché administrativement à Brumath qui devint chef-lieu de canton.

Les changements furent bien accueillis mais les excès de la Révolution et de la Terreur furent sources de très vives inquiétudes. Un poste de police était installé en face de l’église, à l’emplacement de l’actuel presbytère. Tous les élus devaient, comme ceux des autres communes du canton, se rendre à Brumath prêter serment de haine contre la royauté. Ceux qui avaient « oublié » de s’y rendre étaient sommés de le faire peu après.

Les villageois assistaient aux célébrations religieuses présidées par le recteur Emmanuel Baehr, curé de Bernolsheim, ou par le curé de Niederschaeffolsheim, l’abbé Rauscher, grand adversaire des idées révolutionnaires.

A l’automne 1793, les Autrichiens et les émigrés de Condé commandés par le maréchal Wurmser, originaire de Vendenheim, soit 38 000 hommes au total, pénétrèrent en Alsace par le nord, entrèrent à Haguenau et installèrent leurs quartiers d’hiver à Brumath. Cependant, en novembre les troupes républicaines de Pichegru reprirent l’offensive. Durant plusieurs semaines, le front se maintint entre Gambsheim, Brumath et Berstheim, cette dernière localité étant tenue par les toupes du Prince de Condé. La canonnade faisait rage et causait de grandes pertes de part et d’autre. Le 14 décembre, les troupes du Général Michaud investirent Brumath, repoussant les Autrichiens. Dans la foulée, elles occupèrent Kriegsheim et Niederschaeffolsheim désertés par leurs habitants. Lorsque le 24 décembre, les Autrichiens abandonnèrent Haguenau, 30 000 personnes tentèrent d’échapper à la répression promise par Pichegru car les révolutionnaires voulaient châtier tous ceux qui s’étaient compromis avec les aristocrates ou avec la religion traditionnelle. Ces réfugiés traversèrent le Rhin, essentiellement à Drusenheim dans la nuit de Noël 1793, pour rejoindre l’Allemagne.

Sur la Liste générale des émigrés du canton de Brumath, sont répertoriées 81 personnes de Kriegsheim. Des familles entières avec enfants et veuves ont fui. La liste étant trop longue, nous ne mentionnerons que les patronymes, soit : Acker, Almand, Anth, Baehl, Baumgartner, Batto, Danner, Daul, Ebel, Haettel, Lauth, Mathias, Michelshanns, Oster, Paulus, Pflieger, Risch, Specht, Trautmann, Trutmann, Vierling, Vogel, Walentin, Weber, Weibel, Wendling et Zenss.

Dans cet exode tragique, plusieurs personnes du village décédèrent : Anne Anth, veuve de Laurent Mathis, Odile Oster, femme d’Antoine Daul, Catherine Vierling, épouse d’Antoine Lauth, Antoine Trautmann ainsi que martin Wendelin. Quelques-uns obtiendront leur réhabilitation et pourront revenir avant la fin de la période révolutionnaire, comme les familles Baehl, Lauth, Wendling.

Les autres devront attendre des jours meilleurs, mais tous ne regagnèrent pas leur village d’origine.

 

Les années 1800 et suivantes

 

 

Avec Napoléon, les temps furent plus calmes. Pendant cette période, tous les hommes furent enrôlés dans l’armée impériale. Seuls les riches pouvaient se faire remplacer contre la somme de 150 napoléons.

Après la désastreuse campagne de Russie, la France fut occupée. Le 2 janvier 1814, les premiers Cosaques russes pénétrèrent dans Kriegsheim où ils restèrent six mois.

Après le retour d’exil de Napoléon et la défaite de Waterloo, notre village fut occupé par des Wurtembourgeois. Ces derniers prenaient tout : bétail, volaille, bois, céréales, foins…La cohabitation fut plus difficile qu’avec les Cosaques, une année plus tôt.

Une misère profonde marqua les années qui suivirent la chute de l’empereur. Les champs étaient ravagés par le passage des troupes et les hommes, mobilisés en 1815, ne rentrèrent que tardivement au village. L’année 1817 a été l’année de la cherté pendant laquelle beaucoup de personnes sont mortes de faim. De ce temps, date l’expression Brotacker car , pour obtenir une miche de pain, tout une acre (20 ares) a été proposée. Même si les récoltes de 1823 à 1830 ont été meilleures, la majorité des familles vivaient toujours dans une extrême pauvreté. En 1841, la moitié des familles ne pouvaient pas régler à l’instituteur les 10 centimes hebdomadaires exigés par enfant. La même année, le conseil municipal jugeant que le chemin de fer ne saurait être d’aucune utilité, refusa son passage sur le ban communal.

 

La guerre de 1870 et le Reischland

 

 

Durant les premiers jours de cette guerre, nombreuses furent les troupes à passer par kriegsheim. Le 2 aoùt 1870, la division Lartigne quitta Strasbourg pour le nord de l’Alsace. Après la bataille et la défaite de Froeschwiller, les fugitifs rebroussèrent chemin dans la nuit du 6 août. A partir du lendemain, un défilé incessant de troupes prussiennes, wurtembourgeoises et bavaroises traversa le village. Le 9 août, 18 000 hommes campèrent entre Kriegsheim et Brumath. Puis, durant tout le siège et le bombardement de Strasbourg, la route fut empruntée par un cortège d’ambulanciers ramenant les blessés vers Haguenau où ils furent soignés.

Après l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, de nombreux Alsaciens optèrent de partir en vieille France. A Kriegsheim, ce fut le cas de : Adélaïde et Rosalie Englaender, Jean Friedrich, Antoine, Jean et Nicolas Gintz, Marie-Madeleine Koehren, Moïse Lauth, André Muckensturm, Laurent et Ulrich Schneider, Thérèse Stoffel et Jean Vogel, tous partis à Paris, ainsi que François Antoine Baumgartner et Catherine Englaender, partis respectivement à La Rochelle et à Vincennes. L’abbé Schreiner, natif de Kriegsheim, partira plus tard pour Lunéville. Bien qu’une chape de plomd s’abattit sur L’Alsace, tous espérèrent en des jours meilleurs. L’apaisement revint grâce à une évolution économique favorable dans toute l’Europe.

La plantation de nouvelles cultures industrielles comme le tabac et le houblon donna aux propriétaires agriculteurs du village une sorte d’autosuffisance. Cette époque insouciante ne dura qu’un certain temps.

 

La guerre de 1914-1918 et le retour à la France

 

 

Début août 1914, la mobilisation générale décrétée par les autorités allemandes toucha tous les hommes valides de 17à 45 ans. En même temps, furent réquisitionnés tous les chevaux, qui devaient être conduits à Hoerdt. Durant tout le mois d’août, une fois de plus d’innombrables convois militaires passèrent par le village. Chaque famille était inquiète pour le père ou les fils au front, et attendait avec inquiétude des nouvelles. C’est avec allégresse que fut accueillie la fin de la Grande Guerre, comme le furent aussi les troupes françaises entrées à Brumath le 21 novembre, suivie de nombreux défilés et fêtes. La joie était profonde ; toutefois, six familles de Kriegheim étaient privées d’un père ou d’un fils, morts à la guerre, soit le tiers des incorporés. Dès la fin de la guerre, un vitrail avec les noms des victimes sera mis en place à l’église (voir leurs noms au chapitre 7, consacré aux militaires).

Quand l’Alsace redevint française, Kriegsheim connaîtra une nouvelle prospérité économique.

 

La seconde guerre mondiale

 

 

La Seconde Guerre mondiale débuta le 1er septembre 1939 après l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht. Pendant 8 mois, la France et l’Allemagne nazie furent officiellement en guerre mais ne s’affrontèrent pas : c’est la « drôle de guerre ». Durant plusieurs semaines, des militaires français stationnèrent à Kriegsheim. Pendant ce temps, les populations issues des villages situés entre la ligne Maginot et le Rhin furent évacuées vers le sud-ouest du pays. Certaines colonnes d’évacués traversèrent Kriegsheim.

En mai 1940, les Allemands passèrent à l’offensive et écrasèrent l’armée française en cinq semaines seulement. En juin, les Allemands arrivèrent à Kriegsheim. Ce fut le début de l’administration hitlérienne avec son arsenal de suspicions, dénonciations et expulsions. Les premières victimes furent la famille Waechter. Le 14 décembre 1940, à 4 heures du matin, tous les membres de la famille furent arrêtés et emmenés en camion en même temps que les Tziganes.

De 1942 à 1944, l’armée allemande incorpora de force 6 hommes mariés et 46 célibataires. Beaucoup durent combattre sur le front russe, ou autre… comme les plages du débarquement.

Au bout de quatre années, approcha l’heure de la libération. Le 23 novembre 1944, la colonne Rouvillois de la 2e DB du général Leclerc déferla par Mommenheim et Brumath sur Strasbourg. A ce moment-là, les militaires allemands se trouvant à Kriegsheim installèrent un nid de mitrailleuse à la sortie du village en direction de Brumath. Dans la matinée du 24 novembre, une première patrouille américaine composée de deux chars, une fois arrivée au village, tomba dans une embuscade et fut capturée. Près de la maison Burg (s’Osters), l’un des chars fut détruit par un canon antichar de 88 mn. Tandis que les Allemands reçurent des renforts venant de Niederschaeffolsheim.

Le 25 novembre, en fin de matinée, les soldats américains du 315e Régiment d’Infanterie, l’une des composantes de la 79e DIUS (Infantery Division), s’avancèrent à découvert vers Kriegsheim, où environ 160 militaires allemands du 481e IR leur firent face. Les troupes allemandes disposaient de deux canons antichars, de quatre chars, des mortiers ainsi que l’aviation qui lâchait des bombes. De très durs combats s’en suivirent, maison après maison. Les pertes américaines furent importantes, avec entre-autre, la mort du lieutenant David Hornstein du 3e bataillon du 315e RI. Au cours de cette attaque, 39 Allemands furent capturés. Ce n’est que vers 18 heures, quand arrivèrent six gros chars américains, que cessa le combat de rue. Par chance, l’ordre donné à 17 heures par un Feldwebel de mettre le feu à toutes les granges ne put être exécuté. Cela aurait été dramatique, car la population se cachait dans les caves. Rien que dans celle du presbytère se trouvaient 61 personnes, réunies à prier tout en entendant les cris des blessés. Quand les chars américains entrèrent au village, deux maisons (celle de Furst et Scheer) étaient la proie des flammes ainsi que trois granges (Scheer, Albert Wendling et Bornert). Les bâtiments se consumèrent sauf la maison Furst qui put être sauvée. Durant deux semaines un duel d’artillerie sévit. Niederschaeffolsheim fut détruit aux trois quarts et eu dix-huit victimes civiles. Pendant ces semaines d’angoisse, la cave du presbytère de Kriegsheim avait été aménagée en chapelle avec adoration perpétuelle à laquelle la quasi-totalité de la population avait pris part. A la messe du soir de la fête de l’Immaculée Conception (le 8 décembre 1944), dans la cave, s’étaient réunies exactement 131 personnes. Ce n’est que le matin de Noël (25 décembre 1944) que l’office religieux put, à nouveau, être célébré dans l’église paroissiale légèrement endommagée. Suite à la contre-offensive allemande de décembre 1944, de nombreux alsaciens fuyant les zones de combats du bord du Rhin, se replièrent dans la région de brumath. De janvier à mars 1945, environ 200 réfugiés originaires de Drusenheim, Bischwiller, Schirrhein et Rohrwiller furent accueillis à Kriegsheim. Le registre des populations fluctuantes indique également que plusieurs dizaines d’ouvriers agricoles, essentiellement polonais et tchèques, étaient venus avant et après la guerre travailler dans les exploitations du village. Parmi les migrants, il y avait aussi des ukrainiens, hongrois, yougoslaves, allemands, italiens, portugais et même lituaniens. Le village ouvrait déjà ses portes à l’Europe !

KRIEGSHEIM ET SES SITES INTERNET

 

 

Les sites internet sur le nom Kriegsheim sont nombreux. En plus de notre village, les internautes découvrent qu’il existe également un Kriegsheim en Allemagne, à l’ouest de Worms. Il s’agit d’un village d’environ 2 000 habitants ; comme notre localité, Kriegsheim en Allemagne dépendait, dès son origine en 766, du couvent de Lorsch, son orthographe variant également au cours des siècles.

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